Des moteurs électriques dans nos anciennes ?

Des moteurs électriques dans nos anciennes ?!

Des moteurs électriques dans nos anciennes ?

C'est le projet de nombreuses entreprises, en France comme dans le reste du monde : le rétrofit électrique. Comprenez conversion d'un véhicule thermique à l'électrique. Alors que le phénomène s'intensifie chez nos voisins européens, la procédure est longue et coûteuse en France, ce qui décourage les automobilistes intéressés... Explications !


Quels sont les avantages du rétrofit électrique ?

Pour les automobilistes, le rétrofit est un bon moyen de circuler librement partout, y compris dans les zones de circulation restreinte pendant les pics de pollution, et de se mettre à la page des nécessités écologiques, notamment dans les centres urbains.

A l'heure où les moteurs thermiques sont de plus en plus décriés pour les particules qu'ils génèrent, de nombreux automobilistes allemands, italiens ou encore britanniques font le choix de transformer leurs véhicules pour y faire adapter des batteries. Le processus est coûteux, mais toujours moins que d'acquérir un nouveau véhicule, et permet de conserver les caisses saines et de ne recycler que le moteur et ses accessoires et de ne produire que les batteries et moteurs électriques à adapter sur la voiture : un gain d'énergie considérable !


Si on retire le moteur de mon ancienne, elle perd tout son charme !

Ça dépend ! Si l'on parle d'un V8 de plusieurs centaines de chevaux dont la sonorité contribue largement à l'identité de la voiture, évidemment, les objections peuvent se comprendre. Toutefois, le premier cœur de cible pour le rétrofit est la catégorie des citadines, souvent assez peu pêchues au point où leur utilisation peut s'avérer difficile pour les routes actuelles, les voies d'insertion, etc. Pour les véhicules dont le charme réside dans l'esprit de la voiture et son dessin plus que dans sa motorisation, le passage à l'électrique ne semble pas dénaturer la voiture en soi, même si une meilleure adaptation aux nouvelles exigences des centre-ville se fera au détriment de la configuration d'origine. Pas question en revanche de retrouver les 444kW du Tesla ModelX (environ 600 chevaux) dans une citadine qui peut facilement faire 1,5 voire 2 tonnes de moins ! Les performances de la nouvelle configuration électrique doivent correspondre à celles de l'ancien moteur thermique, notamment pour la vitesse maximale, le poids et la répartition des charges. Seul le couple de la voiture pourrait donc varier si les actions en cours pour le rétrofit électrique aboutissent.


Alors pourquoi ne le fait-on pas ici ?

En France, chaque modèle destiné à être électrifié doit faire l'objet d'une homologation, après obtention de l'accord de la marque. Et c'est bien l'homologation qui pose problème. En effet, la validation des normes de sécurité impose de passer l'étape du crash test. Pour les modèles récents transformés par une entreprise, le procédé implique la destruction d'un exemplaire pour pouvoir obtenir l'homologation pour tous les suivants du même modèle la transformation peut être envisagée. En revanche, pour les modèles plus anciens transformés à l'initiative du propriétaire, il faudrait détruire dans le crash-test le voiture en question... Elle va marcher beaucoup moins bien, forcément !


Comment la situation évolu-t-elle ?

L'AIRe (association des Acteurs de l'Industrie du Rétrofit électrique) réunit des entreprises du secteur de l'électrification des véhicules et fait pression pour simplifier la procédure en France, en s'appuyant sur les modèles de nos voisins, notamment britanniques ou l'électrification est autorisée sur simple déclaration aux autorités (source AIRe). L'industrie est donc prête à effectuer de nombreux rétrofits, des automobilistes sont prêts à investir pour transformer leur voiture, ancienne ou récente, le marché est donc prêt et attend le feu vert de la législation, qui ne devrait pas tarder à arriver en suivant l'exemple des 22 pays qui l'autorisent déjà, la pression du marché et l'urgence écologique.