Restauration d’une automobile de collection : 50 nuances de gris ?

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Restauration d’une automobile de collection : 50 nuances de gris ?

Horch avant Audi : quand les anneaux n’étaient pas encore seigneur.

Avant toute chose, présentons ce modèle emblématique de l’automobile de luxe allemande d’avant-guerre. L’ingénieur August Horch fonde sa société en 1899 après être passé chez Mercedes et chez Benz, de sérieuses références… Il construit ses premières automobiles au tournant du siècle mais les choses tournent au vinaigre. Un désaccord avec ses deux principaux bras droits, son directeur technique et son directeur commercial, le conduit à être évincé de la société. Il refonde alors la August Horch Automobil Werke tandis que les deux larrons déposent une vingtaine de marques portant le patronyme Horch pour le détourner définitivement de l’usage de son propre nom. Lassé des procédures et des querelles, il doit finalement rebaptiser sa marque en Automobile Union Deutschland Industrie, un sigle en clin d’œil à l’éthymologie de son nom : en allemand « horchen » pour écouter, et en latin « audire »…

La grande crise de 1929 aura raison de nombre de ces précurseurs automobiles, de leurs finances et de leurs querelles intestines. Dans une logique de rationalisation, le Reich allemand poussera à la fusion 4 sociétés, subventions à la clé : Horch, DKW, Audi et Wanderer se regroupent en 1932 au sein d’Auto Union AG. La marque Audi ne survivra pas à la seconde guerre mondiale et au rachat d’Auto Union par Daimler-Mercedes. Elle ne reviendra sur la scène automobile qu’en 1969 par la voie du Groupe Volkswagen qui s’est porté acquéreur d’Auto Union. La suite est connue.

L’automobile présentée ici est une Horch 853 Sport Cabriolet présentée en 1936. Elle est propulsée par un 8 cylindres en ligne de 4,9 de cylindrée développant 120 ch à 3600 tr/min, spécialité maison, Horch ayant été le premier à proposer ce type de moteur en Allemagne pour des voitures de route. Sa production a été de l’ordre de 950 exemplaires jusqu’à l’arrêt de la production pour cause d’entrée en guerre. Elle atteint déjà 140 km/h avec une boîte de vitesse à quatre rapports et de solides freins à assistance hydraulique. C’était la concurrente la plus sérieuse.