Johnny Servoz-Gavin, l’histoire aussi rapide que courageuse d’un pilote grenoblois.

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Johnny Servoz-Gavin, l’histoire aussi rapide que courageuse d’un pilote grenoblois. D’après des archives familiales.

Georges, dit Johnny, Servoz-Gavin aura toujours été considéré comme un éternel espoir du sport automobile français. Il ne lui aura fallu que 6 mois de formation au sein d’une école de pilotage pour être repéré et lancé dans le grand bain en devenant pilote d’usine pour l’écurie Matra en 1965. Seulement un an après, ayant fait toutes ces preuves, il intègre le championnat en formule 3 et devient aussitôt champion de France de la catégorie. Il passe un an en Formule 2 avant de s’engager en Formule 1. Particularité de ces premières participations, il dispute son premier Grand-Prix de Formule 1 à Monaco au volant… D’une F2 ! Entre 1965 et 1968, il court en tant que pilote de Formule 2 et effectue des remplacements de pilote en Formule 1. Le sommet de sa jeune et courte carrière intervient le 18 mai 1969, Johnny, appelé pour remplacer Stewart lors des qualifications, parvient à effectuer le meilleur temps et partira en pôle position au GP de Monte-Carlo !

Johnny servoz-gavin

Malgré son ascension fulgurante et son audace, ce jeune homme fougueux ne perd pas le sens des priorités. Quelques jours avant sa mort, il continuera de se vanter « d’avoir fait partie de ceux ayant couchés avec Brigitte Bardot ». Cette anecdote est à l’image de la vie qu’a mené Johnny, décontracté et aussi libre de ces choix que la vie lui permettait.

En 1970, il mit un terme à sa carrière, là où tout a commencé, Monaco. Il annonce, à la surprise générale, que, suite à un accident de rallye entrainant une hospitalisation, Johnny a mûri et qu’il a pris conscience du danger de ce sport. Il roulait de moins en moins vite tout en prenant toujours plus de risque. Ce milieu sportif ne lui donnait plus envie de courir. Il explique à la presse que le tourbillon du succès au milieu duquel il se trouvait ne lui apportait rien de plus qu’un effet de gloire temporaire. Il décide alors de prendre du recul et de partir loin de son ancienne vie. Il prend le large et navigue durant 12 ans entre les Antilles, le Pacifique, et le Venezuela. Il se coupe du monde automobile et change de philosophie, il prend le temps de réfléchir et en vient à la conclusion que ces dernières années furent comblées d’une carrière trop explosive qui a certainement manqué de calme et de réflexion.

Le chemin que Johnny a décidé d’emprunter est sinueux. La seconde partie maritime de son existence sera suivie d’un nouveau grand virage. Le retour à la course ! Influencé par Jean-Pierre Beltoise, concurrent et ami pilote depuis les débuts, Servoz-Gavin décide de reprendre le volant sur des compétitions d’endurance. Il participe notamment au 1000 Km de Monza à plusieurs reprises et au 24 h du Mans, au côté de Pescarolo, un autre grand champion français de l’époque. Lors de cette dernière, les deux pilotes seront contraints à l’abandon 2h avant l’arrivée suite à une crevaison ayant entraînée d’importants dégâts sur la voiture alors qu’ils étaient2e.

Georges Servoz-Gavin finira sa vie sur les hauteurs de Grenoble, dans sa région de naissance, auprès des membres de sa famille. Il s’éteindra en 2006, âgé de 64 ans, avec la conviction d’avoir mené la vie qu’il souhaitait. Il restera dans les mémoires comme le Français ayant fait une pôle position à Monaco et comme un des premiers à avoir assumé sa peur de la course auto.